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Revue diocésaine - L'Envoi

Claire Dumesnil Claire Dumesnil         

Présentation

L'Envoi est la revue d'information de l'Église de Saint-Hyacinthe. Il s'adresse au personnel pastoral du diocèse, tels les prêtres, diacres, agents de pastorale mandatés, communautés religieuses, et les personnes de la communauté diocésaine désireuses d'être au fait de ce qui se passe dans notre Église. Notre revue se veut la vitrine privilégiée de ce qui se vit dans les différents milieux, les paroisses, les communautés et autres lieux de fraternité. Les idées et les projets foisonnent et L'Envoi est là pour vous en parler.

Dans chaque numéro, on retrouve un message de notre évêque, Mgr François Lapierre, un dossier de quatre pages consacré à une question particulière : les jeunes, la famille, l'oecuménisme, la spiritualité, l'éducation religieuse, le travail, etc. L'Envoi est publié dix fois par année.

Informer pour mieux servir, voilà donc le mot d'ordre de L'Envoi qui, par son nom même, invite chacun à aller vers l'autre pour l'accomplissement de la mission qui lui est confiée.


L'Envoi, Revue de l'Église de Saint-Hyacinthe, Volume XXV, numéro 5, Le 28 janvier 2010


Table des matières - Week-End Amoureux rend hommage à Jules Leblanc



Mot de rédactrice

par Claire Dumesnil

Fais ce que dois

Inspirée par la devise du journal Le Devoir, qui célèbre ce mois-ci son 100e anniversaire de fondation, je vois dans l’aventure de ce quotidien un beau parallèle avec la vie chrétienne. Faire ce que doit, parce que partie prenante du projet de Dieu qui, à travers l’histoire, demeure fondamentalement le même : répandre l’amour et la paix dans le monde. Le journal Le Devoir a évolué à travers l’histoire de la société québécoise, mais il est resté le même : indépendant et libre de pensée. Il fait toujours la promotion des valeurs d’éga-lité, de solidarité et d’intégrité. Sa pertinence est reconnue, même par les autres médias.

Les événements survenus en Haïti ont ébranlé en moi cette volonté « tranquille » du fais ce que dois. Devant l’ampleur de cette catastrophe et surtout en pensant aux milliers de Haïtiennes et Haïtiens touchés par ce désastre, une seule question me venait, criante : Que faire? Un immense sentiment d’impuissance m’habitait et je n’étais pas la seule. C’est ce qu’on entendait partout.

Que faire? Fais ce que dois. Très tôt, les moyens d’action se sont enclenchés. Ici, au Centre diocésain, une collecte a été initiée. Aux communications, nous étions à pied d’oeuvre pour transmettre le message auprès des paroisses et des médias pour solliciter leur collaboration. Mgr Lapierre et Soeur Diane Beaudoin, supérieure des Soeurs de la Charité de Saint-Hyacinthe, ont répondu aux questions des journalistes. Nous étions près également de notre collègue Myssolle Nelson, originaire d’Haïti, qui était sans nouvelles de sa famille. Heureusement, depuis, elle a su qu’ils étaient sains et saufs. Bref, tout le monde au bureau était en effervescence pour faire ce qui pouvait être fait, là où nous sommes.

C’est bien peu, soit, voilà notre « impuissance ». Mais dans ce mouvement, je me suis surprise à vouloir bien faire mes autres tâches, à vouloir mieux faire mes « devoirs » au quotidien. Apporter du soin et de l’ardeur, comme je souhaiterais le faire si j’étais là-bas, avec eux. Et prier en communion avec ce peuple fervent qui, dans l’espérance et avec l’aide internationale, se relèvera.

Dans les pages de janvier, la plupart écrites avant Haïti, L’Envoi propose des éléments de réponse au Que faire? dans nos vies. Ainsi, dans sa réflexion, Mgr Lapierre nous redit que Dieu donne la force de dépasser les souffrances et de sortir de nos zones de confort pour prendre de nouveaux chemins d’incarnation.

Notre collègue Stéphanie Bernier, toute nouvelle dans l’équipe pastorale, souhaite contribuer à faire jaillir encore plus de vie dans notre diocèse et redonner aux jeunes ce qu’elle a elle-même reçu et qui fait sa joie. De son côté, Monik Faucher suggère de demeurer en état de veille et de capter le beau, le vrai et le bon. Puissent nos frères et soeurs haïtiens vivre, malgré la souffrance et la désolation, des baumes de joie.

Par bonheur, plusieurs paroisses font écho d’activités offertes autour de Noël avec parents et enfants. Autant de réponses vivantes au Que faire? nécessaire dans l’Église d’aujourd’hui.

Dans les pages centrales, un hommage est rendu au Chanoine Jules Leblanc pour son engagement auprès des couples et de la famille. Jules, un homme, un prêtre qui dans l’accompagnement spirituel a fait ce que doit en restant fidèle à sa conviction que toute personne peut trouver en elle-même ses solutions.

Dans son invitation à parcourir les Psaumes, André Godbout parle de la joie ressentie dans le service du Seigneur et du monde. Un souffle de vitalité pour aller de l’avant.

La situation vécue en Haïti m’a fait reconnaître l’interdépendance que nous avons les uns avec les autres, même à distance. Nous sommes un tout en Dieu. De tout coeur, je m’unis au peuple haïtien et je continue de faire ce que dois dans la confiance de jours meilleurs en ce monde.

Bonne lecture!




Regard

de Mylène Daneau Benoit

Je ne sais plus à quel sport me vouer

Oui, oui! Vous avez bien lu! À quel sport me vouer! Je sais très bien qu'habituellement on emploie le mot saint dans cette phrase mais en cette année olympique, le terme sport est plus d'actualité! Les fameux Jeux Olympiques de Vancouver débuteront sous peu et je ne sais trop sur quels sports je jetterai mon dévolu cette année. Avouons-le, j'aimerais bien être partout en même temps et ne rien manquer mais je ne peux laisser tomber mes propres « disciplines sportives » au profit de nos athlètes canadiens… Mon employeur, mon mari et mon fils n'apprécieraient guère! Parce qu'en effet, j'excelle dans certaines disciplines familiales telles le marathon de lavage, le biathlon de repas express et le lancer du corps dans le lit après une dure journée de travail. Vous comprendrez que je ne peux délais-ser ma routine pour suivre assidument les olympiens qui s'exécuteront dans le but ultime de recevoir cette médaille tant espérée. Je vais par contre me faire un devoir de les porter dans ma prière quotidienne car je sais qu'il s'agit pour eux d'un moment tellement important. Et s'il y a une chose que j'aime bien avec la prière, c'est de la rendre actuelle!

Lorsque je prends quelques minutes pour penser aux athlètes, je m'efforce de réfléchir à tous les sacrifices qu'ils font pour atteindre leurs objectifs. Qu'ils montent sur les marches du podium ou non, j'admire leur discipline, leur courage et leur détermination. Pour atteindre les festivités olympiennes, ils ont des années de préparation pendant lesquelles ils n'auront que peu d'appui de la population. Tout ce travail se fait souvent dans un quasi anonymat. En dehors du cercle des autres athlètes, des entraineurs et de leur famille, le sportif se prépare dans l’ombre avant que ses exploits éclatent au grand jour.

Dur temps de préparation

Je crois qu'il n'y a pas que nos athlètes qui doivent passer un dur temps de préparation avant de connaître la marche vers le podium. Je pense à Luc et à ses confrères, qui vivent leur démarche vers le presbytérat, aux étudiants de tous les niveaux académiques, qui doivent bûcher avant de recevoir le diplôme qui ouvre les portes du marché du travail, aux artistes qui ne sont reconnus qu'après des années de dur labeur et tant d'autres qui mangent leur pain noir avant de connaître le bonheur. Malheureusement, j'oublie parfois que je côtoie des olympiens dans l'âme qui ont besoin de soutien tout au long de leur cheminement.

Athlète de coeur

S'il est réjouissant de voir des sportifs recevoir une médaille, couronnant des années d'efforts, il est tout autant heureux de voir la persévérance de ceux qui sont en cheminement vers l'atteinte de leur objectif. Devant un tel constat, je décide donc d'être à mon tour une athlète… une athlète de cœur qui a pour but de laisser Dieu agir en moi pour que ceux qui m'entourent puisse Le découvrir.

Je ne sais pas si j'arriverai un jour au sommet du podium mais peut-être qu'en me côtoyant certains trouveront réconfort, soutien, lumière, espoir et, qui sait?, peut-être un saint à qui se vouer!



Éditorial

de Monik Faucher

Le paradis AVANT la fin de vos jours

En cette année nouvelle accueillie avec amour et respect, une impressionnante gamme de souhaits résonne encore à l'oreille de mon cœur. Entre autres, je veux partager ce vœu percutant que j'affiche ici fièrement comme en-tête. Je n'explore même pas l'exacte définition du mot paradis, je préfère savourer l'intuition profonde que, par alliance, c'est le cousin propre du mot bonheur.

De temps à autre, qui ne se surprend pas à lancer une des expressions suivantes : je suis au paradis, c'est un coin de pa-radis, j'ai les clés du paradis… La liste pourrait s'allonger simplement en se remémorant les petits et les grands moments de bonheur cueillis ici et là dans le jardin de nos vies. L'année qui vient de s'ajouter nous offre déjà une première fleur à ajouter au bouquet de nos existences. Humer le bonheur d'être vivant et en santé, que désirer de mieux! Donner la vie, semer de la joie, se rendre utile, se dévouer à une cause, grandir dans la foi, faire fleurir la charité, ça ressemble à plein d'oiseaux de paradis, n'est-ce pas?

Instinctivement, l'an neuf m'invite à connaître le thème général de l'année 2010. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que le lien est fort pertinent. Même si l'ONU se branche presque toujours sur trois thèmes différents : l'année internationale de la jeunesse qui invite au dialogue et à la compréhension mutuelle, l'année de la biodiversité et du rapprochement des cultures. Pas besoin d'être acrobate pour saisir qu'un beau lien de parenté unifie ces thèmes. Est-ce si loin du désir paradisiaque? Je m'appuie sur cette citation de Robert Blondin pour corroborer ma conviction profonde : le seul paradis qu'on puisse espérer, c'est celui qu'on crée pour les autres. Quel programme! À l'instar de l'Emmanuel, la paix, la joie et le bonheur fleuriront sur terre lorsque des mains seront tendues, quand des cœurs s'uniront pour recréer notre planète violée et abîmée, quand la fraternité ceinturera madame la terre…

Est-ce utopique de penser que la terre peut ressembler à un paradis? Créé libre et responsable, chaque humain peut expérimenter cet avant-goût de bonheur tout autant qu'il a la possibilité de s'aventurer dans la jungle infernale de la haine et de la barbarie. En ce début d'année, nos éphémères résolutions ravivent nos fragilités et nos inconstances; que nous y soyons fidèles ou pas, elles nous hantent quand même! J'ose dire que c'est cela qui compte!

Le bonheur entre chez nous seulement si nous demeurons en état d'éveil et de veille. Constamment, il invite à flairer les belles occasions de capter le beau, le vrai et le bon… ces parcelles de paradis viennent illuminer le décor de nos vies. Comme le dit Bobin, la vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil.

Je nous souhaite de dérouler activement et amoureusement ce mystérieux ruban 2010… Embellissons-le avec les couleurs d'une foi agissante, d'une charité débordante et d'une espérance contagieuse. Attention! Un risque d'épidémie peut provoquer un raz de marée de petits bonheurs entraînant avec lui bien des âmes de bonne volonté vers un paradis… avant la fin de leurs jours!

Vous pareillement!