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Revue diocésaine - L'Envoi

Claire Dumesnil Claire Dumesnil         

Présentation

L'Envoi est la revue d'information de l'Église de Saint-Hyacinthe. Il s'adresse au personnel pastoral du diocèse, tels les prêtres, diacres, agents de pastorale mandatés, communautés religieuses, et les personnes de la communauté diocésaine désireuses d'être au fait de ce qui se passe dans notre Église. Notre revue se veut la vitrine privilégiée de ce qui se vit dans les différents milieux, les paroisses, les communautés et autres lieux de fraternité. Les idées et les projets foisonnent et L'Envoi est là pour vous en parler.

Dans chaque numéro, on retrouve un message de notre évêque, Mgr François Lapierre, un dossier de quatre pages consacré à une question particulière : les jeunes, la famille, l'oecuménisme, la spiritualité, l'éducation religieuse, le travail, etc. L'Envoi est publié dix fois par année.

Informer pour mieux servir, voilà donc le mot d'ordre de L'Envoi qui, par son nom même, invite chacun à aller vers l'autre pour l'accomplissement de la mission qui lui est confiée.


L'Envoi, Revue de l'Église de Saint-Hyacinthe, Volume XXV, numéro 10, Le 17 juin 2010


Table des matières - Sous le signe de l'Esprit



L'Envoi, Revue de l'Église de Saint-Hyacinthe, Volume XXV, numéro 9, Le 20 mai 2010


Table des matières - Le bonheur en famille!



Mot de rédactrice - Juin 2010

par Claire Dumesnil


L'esprit des vacances a frappé à ma porte!

Toc toc toc! Je l’entends. Je le vois par la fenêtre, il a des allures de soleil, d’océan, de chaise longue. C'est l'esprit des vacances! Attends, je ne suis pas tout à fait prête, juste quelques semaines et ça y est!

J’ai le coeur léger de penser à ce temps de repos à venir. Et je ne suis pas la seule! Vous l’aurez deviné, dans mon propos, l’esprit des vacances, c’est l’Esprit Saint qui nous invite à la sagesse du temps pour soi et du ressourcement estival.

Mais l’Esprit me fait signe également, les mains sur le coeur, de rendre grâce pour l’année achevée et pour notre thème si inspirant Qui me fera voir le bonheur? C’est, en effet, un thème que j’ai porté avec beaucoup d’enthousiasme et aussi avec le désir de l’approfondir, car le bonheur en Dieu n’est pas superficiel et appelle à rejoindre le coeur profond.

J’ai vu et vécu le bonheur à travers les multiples témoignages recueillis au fil des numéros, les rencontres dans les rassemblements, les relations au quotidien, les bonnes nouvelles dans notre Église. J’ai réalisé que le bonheur est possible malgré les incompréhensions de la vie, les dérangements, les départs, les polémiques de tout ordre y compris celles au sein de notre Église, les duretés, comme Haïti et son peuple bouleversé. Et dans cette contemplation du bonheur, j’ai reconnu l’Esprit Saint qui fait doucement son oeuvre.

L’Esprit Saint, c’est prendre le temps de s’ouvrir à un autre regard pour qu’émerge la nouveauté de Dieu; c’est tendre l’oreille pour écouter Dieu, au plus profond de soi-même. Nous en avons bien besoin par les temps qui courent. Ça vaudrait vraiment la peine de se consacrer à l’Esprit davantage, toute l’humanité, pour vivre dans le monde plus d’amour, de justice, de paix et de bonheur!

Sous le signe de l’Esprit, L’Envoi tire sa révérence pour cette année. Dans l’inspiration des Douze heures de Pentecôte célébrées le 23 mai, nous avons souhaité prendre le pouls de l’Esprit à l’oeuvre dans notre Église. Il n’arrête pas!

Pour Mgr Francois Lapierre, il est le Paraclet, le défenseur, celui qui réconforte mais aussi celui qui enseigne. Comme à ces pa-rents de Upton, rapporte Marie-Myssolle Nelson, qui ont bénéficié des rencontres de spiritualité au quotidien.

Stéphanie Bernier, bien inspirée dans sa mission en pastorale jeunesse, nous indique comment et où rejoindre les jeunes. Tandis que Monik Faucher, dans son éditorial, s’interroge sur les vents de Babel qui soufflent dans notre monde. Elle s’en remet à l’Esprit de Dieu qui agit malgré nuits et brouillards.

Dans le dossier, notre collègue et directeur musical, Mario Jacques, raconte comment, inspiré par l’Esprit, il a vécu en son coeur et avec son choeur les Douze heures de Pentecôte. Dans l’Unité des Vignes, André Vincent y reconnaît les actions surprenantes de l’Esprit qui rend le monde meilleur. De son côté, le poète Marc Benoit évoque la présence de l’Esprit qui assure la postérité des mouvements. Enfin, sous la plume de Carmen Arnold, une surprise de l’Esprit dans une famille de Granby.

En mission dans notre Église, Jean-Pierre Roch, prêtre ouvrier au service de la dignité humaine, témoigne du souffle toujours vif qui l’anime dans son ministère.

Et puis, un événement ce mois-ci, notre collègue et ami Luc Richard vit un grand jour : il se fait serviteur de Dieu, il se fait prêtre et pasteur.

Toc toc toc! Après tout je crois bien que je vais inviter l’esprit des vacances à me tenir compagnie d’ici la fin juin. Se disposer pour mieux se déposer!!! Pourquoi pas?

Bonnes vacances!



Mot de rédactrice - Mai 2010


« Faire famille »


Jeudi soir dernier, notre cher fils cadet téléphone pour nous annoncer sans détour qu’il avait eu un accident de vélo dans la journée, qu’on l’avait amené à l’hôpital et qu’il était de retour chez lui, avec tous ses morceaux. « Tout va bien, nous dit-il, ne vous inquiétez pas ». Son père et moi étions soufflés par la nouvelle. Pourquoi n’avait-il pas téléphoné avant pour qu’on soit avec lui? Est-ce bien certain qu’il n’a rien? Famille un jour, famille toujours! Nos enfants même partis nous inquiètent encore. Davantage, il me semble, puisque nous ne sommes plus là pour les voir aller, les guider.

Le samedi, nous avions une sortie ensemble. À notre arrivée chez lui, il était dans tous ses états : en colère contre le conducteur qui recevra les indemnités de son assurance sans même avoir à se préoccuper de la victime, contre les policiers qui l’ont laissé partir en ambulance sans l’accompagner, contre l’hôpital qui lui a donné son congé sans s’assurer de sa destination. Il se sentait victime d’un système qui ne se préoccupe pas vraiment des individus. Sa colère s’est muée en révolte complète contre la société qui consent à ces injustices et ces lois pas toujours humaines.

Nous avons vu vite de quoi il s’agissait. Deux jours après l’accident, il n’allait plus si bien que cela! Il vivait un post-traumatisme et ... heureusement que nous étions avec lui. Nous avons « fait famille ». Son père et moi avons écouté, discuté, encaissé, entouré, aimé et, à la fin de la journée, il était plus détendu, son sourire était revenu. Depuis, bien sûr, pas une journée ne passe sans un coup de fil pour prendre de ses nouvelles. Il va bien, Dieu merci!

Faire famille c’est être ensemble, solidaires, dans les bons moments et dans les moins bons comme lors de cet épisode. Pour moi, ça s’appelle quand même le bonheur en famille.

En lien avec la Semaine québécoise des familles et notre thème pastoral, le numéro de mai parle du bonheur en famille. La famille biologique bien sûr, père, mère, enfant, grands-parents mais aussi la famille religieuse, la famille chrétienne et toute communauté qui porte un projet commun. Autant de belles occasions de faire famille.

Dans son très beau message, Mgr Lapierre d’une famille « de dix enfants à table » fait l’éloge de la prière en famille comme nourriture d’espérance.

Notre jeune chroniqueuse Mylène Daneau Benoît se rappelle les bons moments en famille et son bonheur d’être mère à son tour.

De son rôle de père, le comédien Martin Larocque en parle avec beaucoup d’enthousiasme. Il est heureux avec ses trois fils, la vie est trépidante et ils font famille à coup sûr!

Marcel Delage et sa petite-fille, Sabrina Delage, échangent en poésie sur leur belle relation. Sarah Desjardins puis Aglaé, Anaïs et Sandrine Paradis expriment leur bonheur de la vie en famille. Très touchant!

Notre collègue Pauline Vertefeuille offre un beau témoignage sur sa joie de vivre avec sa famille religieuse. Elles font famille aussi! Enfin, Monik Faucher nous rappelle que la famille demeure un port d’attache qu’on ne doit pas oublier.

Au fil des pages, d’autres « faire famille » sont présentés tels la rencontre des agentes et agents de pastorale sur la famille, le groupe de Spiritualité au quotidien de Upton et les jeunes JMJistes de l’an 2011.

Inspirés par la nature printanière qui éclate de beauté, regardez autour de vous. Peut-être y découvrirez-vous un faire famille insoupçonné qui vous apporte du bonheur!

Bonne lecture!




Éditorial - Juin 2010

de Monik Faucher

C'est quoi ton signe?


D'emblée, je réponds que je suis née sous le signe du cancer. Mais, ce serait plus emballant d'affirmer que je suis née sous le signe de l'amour, que j'oriente ma vie sous le signe de la fraternité ou que mes jours s'écoulent sous le signe de l'espérance. Imaginez si quelqu'un osait répondre ceci : je vis sous le signe de l'Esprit! Alors là, on trouverait cela « out » ou bien « hot »… En 2010, c'est un sujet brûlant! De fait, l'Esprit s'est mani-festé sous forme de langues de feu. Le feu éclaire et réchauffe, mais il est aussi un élément destructeur s'il s'impose en roi et maître. Le livre des Actes des Apôtres fait aussi état d'un grand bruit comme celui d'un violent coup de vent. (2,1 -13)

Ces symboles de la présence de Dieu traversent le temps et nous rejoignent encore aujourd'hui. Dans notre société en mutation et au cœur d'une Église en crise, notre barque tangue et vogue parfois de l'espérance à la dé-sespérance. Il faut « s'incarner » au cœur des cœurs pour entendre ces cris de détresse, tels des vents violents qui risquent de faire chavirer nos fragiles convictions. Envers et contre tout, nous avançons sur la route qui est loin d'être tracée radicalement, telle une ligne droite. Elle est consolante cette phrase de Claudel : « Dieu sait écrire droit sur des lignes courbes. » De plus, il y a de quoi raviver notre foi avec cette « Eau Vive » annoncée par Jésus à la Samaritaine.

L'Esprit n'œuvre pas dans des cœurs suffisants ni imbus de totale vérité. Il agit en douce Lumière pour éclairer nos sentiers parfois incertains et déroutants. Ce n'est certes pas le feu ravageur de la censure et de la culpabilisation qui a raison de tout, le Souffle de Dieu ne réside pas dans les statues et les constructions d'hommes. « Le vent souffle là où Dieu veut qu'il souffle » (Jn 3, 8) et non pas où l'homme lui ordonne. J'ai peine à croire que c'est l'Esprit qui inspire tant d'abus de pouvoir, de discours lapidaires et de condamnations radicales; tout cela atteint nos cœurs dans sa chair vive et ça tue le dialogue. En Église, est-ce normal de percevoir parfois plus de divisions que d'unité de ce temps-ci? L'esprit de Babel domine, divise et veut maîtriser les réalités d'en haut. Pourtant, nul ne peut s'ériger détenteur et proprio, car elle brille pour tous cette Lumière qui «illumine tout homme venant dans le monde. » (Jn 1,9)

En tant que baptisés, ancrons nos vies sous le signe de l'Esprit, même si le vent du large nous astreint à affronter la tempête. Quand les voiles se gonflent, n'est-ce pas pour aller plus de l'avant? L'important, c'est de ne perdre ni pied, ni foi! Très amoureusement présent et actif, notre Capitaine à bord saura atteindre les rivages de la Paix. La colombe, messagère de l'Esprit, rôde et agit plus que jamais, malgré nuits et brouillards!

Monik Faucher



Éditorial - Mai 2010

de Jean-Paul St-Amand

Pour une société riche de tout son monde


Avec la crise financière, beaucoup de familles subissent encore aujourd'hui les conséquences désastreuses de licenciements et de restructurations d'entreprises. Une des conséquences graves est que plusieurs personnes sans emploi se sentent exclues de notre société qui souvent valorise et ne donne de la place qu'aux plus riches. On a vu des États courir au secours de banques, de compagnies d'assurances, de fabricants d'automobiles à coups de centaines de milliards de dollars, avec une ardeur qu'on ne leur connaît pas quand il s'agit de trouver des solutions mille fois moins coûteuses pour soulager la misère des moins bien nantis.

Nous évoluons dans un système économique qui permet la prolifération des injustices, des iniquités et des inégalités. La richesse échappe à ceux et celles qui la produisent. En témoigne « cette hausse remarquable du PIB : la somme de la richesse produite par notre pays est passée de 624 milliards à 1248 milliards de dollars, en 25 ans, Mais alors, où est donc passée cette richesse? »1 Cette richesse est détournée au profit d'un petit nombre qui cherche constamment à s'approprier le bien commun même si une majorité de personnes est privée des biens essentiels à la vie. Des groupes d'intérêt jouent les pays les uns contre les autres, spéculent avec l'argent des caisses de retraite, se soustraient de leurs obligations fiscales en se réfugiant dans les paradis fiscaux, laissant à la fin l'économie réelle sans ressources et jetant à la rue des centaines de milliers de travailleurs et de travailleuses. Nous sommes loin de cette invitation de Jésus : « Va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, tu auras un trésor au ciel ». (Luc 18, 22)

Comme société, nous devons nous interroger lorsque des milliers de personnes sont exclues d'un minimum de stabilité économique sans la possibilité de s'accomplir par le travail. Dans un tel contexte, la responsabilité commune à tous, y compris celle de l'Église, consiste à coopérer pour que notre société s'organise afin d'assurer à tous et toutes un travail juste, digne et reconnu. La recherche du bien commun et sa protection sont primordiales par rapport aux exigences des marchés mondiaux.

« Le droit de pouvoir se nourrir a glissé vers le droit d'être nourri. »

Nous devons rester en alerte face à nos deux gouvernements et exiger qu'ils se distancent des dictats du marché et de ses lobbies et reprennent leur pouvoir législatif pour redonner priorité au bien commun et assurer une juste redistribution des riches-ses. Des politiques cohérentes sont à mettre en place pour aider la population à vivre dans une société plus juste, plus équitable, plus instruite, plus en santé et plus humaine. Pour y arriver, les priorités doivent viser l'amélioration du revenu des plus démunis avec minimalement un engagement à ne pas appauvrir le cinquième le plus pauvre de la population. Exigeons aussi la réduction des écarts entre les riches et les pauvres et une richesse mieux partagée.

La foi d'un chrétien n'est pas à l'eau de rose et elle ne peut se réduire à une recherche uniquement intérieure d'une rencontre avec son Dieu. Celui-ci est le Dieu de tous et se préoccuper du sort de nos frères et sœurs, chrétiens ou pas, est une exigence cohérente pour suivre Jésus car une foi sans les œuvres est une foi morte. Peut-on adhérer à Jésus en mettant de côté son projet? Ne perdons pas de vue que Jésus était entouré de personnes ou de groupes rejetés: publicains, malades, samaritains, femmes, petits, etc. Pour Jésus, son Dieu est préoccupé de droit et de justice. Il s'inquiète du manque de pain et Il s'oppose aux inégalités. Pour Jésus, la Bonne Nouvelle est destinée à tous les humains et le signe qu'elle se réalise, c'est lorsqu'elle s’accomplit pour les pauvres. Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez (Mt 11, 4)

Ai-je tort de penser que les préoccupations de notre Église sont trop centrées sur la bonne manière de répondre aux besoins personnels de ses membres, et ce, au détriment du prophétisme et du caractère missionnaire de notre mission?

Jean-Paul St-Amand
Pastorale sociale

1 Bernard Élie, professeur associé au Département des sciences économiques, Université du Québec à Montréal, Journées sociales du Québec, mai 2009


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Regard- Juin 2010

de Mylène Daneau Benoit

L'insaisissable


Au moment d'écrire ces lignes, le gardien de ma cour arrière, un érable de 85 ans, se laisse aller dans une douce chorégraphie. C'est magnifique : le bruit des feuilles qui se froissent et tournoient en m'exposant leur face cachée, les branches qui valsent et tanguent tranquillement, la nature jouant cette symphonie sous le soleil radieux d'un dimanche après-midi. Ce spectacle doit son existence à un chef d'orchestre insaisissable : le vent. Mon bel érable, malgré son âge et sa stature, serait bien immobile si monsieur le vent venait qu'à prendre une journée de congé.

Parfois je crois que je suis comme cet arbre. Avis à ceux qui seraient tentés de prendre cette phrase au pied de la lettre : vous pouvez toujours m'imaginer nu pieds dans le gazon, les bras au-dessus de la tête à secouer mes doigts et mes cheveux selon la force du vent mais ce n'est pas tout à fait l'image à laquelle je veux arriver. Disons plutôt que, comme mon érable, un artisan invisible vient me faire bouger d'une façon à laquelle je ne m'attends pas. Je pense par exemple à des paroles apaisantes que j’ai dites spontanément et qui ont soulagé des gens en deuil, ma main sur une épaule qui a permis d'établir un contact avec une personne s'isolant au plus profond de son être et mille et une autres situations où j'ai agi sans planifier mes actions et où les résultats ont été des plus bénéfiques. Certains diront alors que j'ai été « inspirée ». Tout à fait! Et je mettrais ma main au feu que l'Esprit Saint a un petit quelque chose à voir avec cette inspiration.

Comme le vent, rien ne peut le contenir, il fait son chemin et il est surprenant de voir jusqu'où il peut nous mener! Je me rappelle très bien, il y a de cela 3 ans, avoir accepté de participer à une fin de semaine d'activités dans le cadre d'un grand rassemblement jeunesse. J'avais accepté l'invitation sans trop poser de questions sur la teneur de cette rencontre, ce qui est plutôt inhabituel de ma part. Les semaines passent et bien rapidement me voilà rendue la veille du départ. Je me décide donc à aller jeter un coup d'œil sur Internet pour trouver des informations sur ce rassemblement, question de ne pas paraître trop perdue le lendemain. Après deux minutes de recherche, me voilà avec des palpitations et des sueurs froides… je découvre qu'il s'agit bien d'une rencontre catholique mais disons que l'orientation donnée à cette rencontre ne rejoint pas du tout ma façon de vivre ma foi. Et j'ai accepté de m'y rendre de mon plein gré?! Impossible! On a dû me droguer! Et pourtant…

Il faut croire que l'Esprit de Dieu savait ce qu'il faisait. J'ai bel et bien vécu cette fin de semaine, j'ai accepté de faire con-fiance, je me suis laissée aller et j'ai pu redécouvrir Dieu à travers le silence et la contemplation. Ce fut un moment marquant dans mon cheminement spirituel et j'en retire encore bien du bonheur aujourd'hui. Visiblement, l'Esprit agit et c'est bon de le laisser souffler à sa guise!

Mylène



Regard - Mai 2010

de Mylène Daneau Benoit

Un souhait d'enfant


J'ai en mémoire un bon nombre de magnifiques souvenirs de mon enfance. Les sorties en famille, la naissance de mon petit frère (maintenant rendu passablement plus grand que moi!), les étés passés au bord du lac Champlain… Tous des beaux moments qui ont marqué la petite fille que j'étais. Je rigole bien quand je replonge dans ma mémoire et que je passe en revue ma perception de la vie à cette époque. Ah! La belle naïveté de l'enfance! Entre autres, je me rappelle très clairement, du haut de mes quatre ans bien sonnés, avoir eu la conviction d'avoir trouvé ce que je ferais dans la vie une fois adulte. Astronaute? Médecin? Vétérinaire? Pas du tout… Je serais… une maman! Bien qu'au fil des années j'ai compris que je devrais probablement envisager de devoir me trouver une profession, il n'en demeure pas moins que je n'ai jamais été en mesure d'imagi-ner ma vie sans la réalisation de mon rêve d'enfant.

Le 1er mai 2008, un premier pas était franchi vers l'atteinte de mon objectif ultime, j'étais enceinte! Un moment magique que j'attendais depuis longtemps et pour lequel je me croyais bien préparée. Je vous ai parlé de la naïveté de l'enfance plus tôt? Dans mon cas j'ai dû y rester pas mal plus longtemps que prévu! J'avais une vision très « rose bonbon » de la grossesse et du rôle de mère et je m'en suis aperçue très rapidement. Non une maman ne sourit pas toujours, non elle ne sait pas tout, oui elle a des doutes et oui après quelques nuits plutôt courtes, elle est fatiguée. Rien à voir avec l'image de la « superwoman » que je m'étais créée! Moi qui croyais que le lendemain de mon accouchement, c'est avec une joie débordante que je me lèverais, maquillée, peignée, parfumée et reposée pour changer la couche de mon fils! C'est fou ce que la publi-cité peut vous faire croire!

Depuis la naissance de mon garçon, je dirais que je suis en apprentissage de mon rôle de mère. De plus, je ne suis pas seule dans mon noyau familial et j'ai la chance de pouvoir compter sur un papa soucieux de passer du temps de qualité avec son fils et c'est ensemble que nous apprenons, jour après jour, à élaborer les fondations de notre famille. Le support de mon mari me permet de m'améliorer en tant que maman, j'en suis convaincue.

Je ne regrette pas un jour d'avoir pris la décision d'être maman même si je ne connaissais pas toute l'importance de ce rôle. Je m'épanouis dans cette voie que j'ai faite mienne et, maintenant que j'ai débuté mon chemin, je vais le suivre jusqu'au bout et je ferai de mon mieux pour maintenir le bien-être de ma famille.

En regardant ma mère, mes grands-mères et même mes patientes, je vois bien que l'on est mère dès le début d'une grossesse et que l'on ne cesse jamais de l'être par la suite.

Mylène


jailupourvous           

J'ai lu pour vous

par Ghislaine Salvail, sjsh

Le christianisme à un tournant

« Nous vivons dans une période de confusion, de refus et de dénigrement de tout ce qui n'est pas dans le vent, de tout ce qui n'est pas de la dernière actualité », affirme Paul-Émile Roy, auteur du livre Le christianisme à un tournant, et c'est vrai. Dans la même veine, j'ajouterais qu'on ne manque jamais l'occasion de s'en prendre aux « cathos » en général, comme disent les Français, et à l'Église catholique en particulier. Les derniers scandales en font foi. Malgré cette morosité ambiante, Paul-Émile Roy nous propose l'espérance.

L'auteur analyse et scrute les changements récents subis par notre société québécoise et leur impact sur la religion chrétienne et catholique. Son approche, pour traiter de la foi et de la religion, est claire. Pour ce faire, il départage la foi de la culture chrétienne, le christianisme de la chrétienté. Et pour mieux apprécier comment il traite de ces différences, permettez-moi de le citer brièvement : « La culture est précieuse, elle est un héritage. La foi est une semence, un petit grain de sénevé […] La chrétienté est de l'ordre de la culture […] elle relève d'une époque ». Qui pourrait contester ces affirmations? Mais affirmer est une chose, en parler avec pertinence en est une autre. Et c'est ce que réussit notre auteur.

Ce qui donne également du poids à l'ouvrage c'est la réflexion approfondie du chrétien qu'est Paul-Émile Roy et ses riches et solides références. Ses appuis sont puisés autant dans des œuvres classiques, c'est-à-dire reconnues, que dans des écrits de réflexion plus récents.

Roy demeure convaincu que « la foi chrétienne ne peut mourir ». Mais, nous prévient-il, il n'est « pas question de rafistoler des structures anciennes, de mettre le vin nouveau dans de vieilles outres ». D'autres l'on dit avant lui mais le redire ne peut que nous en convaincre.

Ghislaine Salvail, sjsh

*Le christianisme à un tournant, Paul-Émile ROY (littérateur et écrivain catholique) Montréal, Bellarmin, 2009, 205 pages