Évêque

Réflexions de Monseigneur François Lapierre

Mgr François Lapierre Mgr François Lapierre    

Novembre-décembre 2011 - Expérience spirituelle

« J'ai appris et compris que l'Esprit Saint se trouve dans chacun de nous et que les fruits sont ce que l'on veut avoir comme personnalité », a écrit un « ado » de 15 ans dans sa lettre pour la confirmation.

Cette lettre, comme beaucoup d'autres, montre bien que la vie spirituelle n'est pas réservée à un groupe d'âge; elle est plus présente qu'on le croit dans ce monde où nous vivons un temps d'intense recherche humaine et spirituelle que notre Église n'arrive pas toujours à accueillir.

Pourquoi me direz-vous? La principale raison, je crois, c'est que l'expérience spirituelle se présente rarement comme nous l'attendons. La fête de Noël qui approche nous rappelle la présence de Dieu qui se manifeste dans un petit enfant naissant dans la plus grande pauvreté. Seuls quelques bergers s'approchent de la crèche.

Une autre raison, c'est peut-être que nous tendons à oublier ce qui est au cœur de la foi. Saint Paul, dans sa lettre aux Galates, nous dit : « Laissez-vous mener par l'Esprit et vous ne risquerez pas de satisfaire la convoitise charnelle. » (Galates 5,16) On le voit, se laisser guider par l'Esprit est au cœur de l'expérience spirituelle. Pour Paul, choisir entre la chair et l'Esprit, c'est choisir entre le non amour et l'amour. (Gal. 5,22)

Comme on le voit, l'expérience spirituelle a pour but d'éveiller en nous le désir profond d'aimer. Le thème de notre année pastorale « Que cherchez-vous? » (Jean 1,38) nous rappelle précisément que Jésus veut éveiller en nous ce désir profond.

Nous touchons ici une question centrale de la vie de notre Église. C'est ma conviction que chaque fois qu'une liturgie, une catéchèse ou une formation éveille le désir d'être meilleur, d'aimer davantage, chaque fois qu'il y a véritablement une expérience spirituelle, la vie est transformée et un désir de faire communauté naît.

Il est très souhaitable que le thème de notre année fasse surgir des initiatives nouvelles dans notre Église, des expériences qui permettent un accroissement de l'amour, de la charité et donc de l'expérience spirituelle.

Pendant le temps de l'Avent, l'an dernier, des enfants de notre diocèse ont rempli des petites banques et ont fait parvenir aux enfants d'Haïti plus de 2800$. Ils ont ainsi vécu une expérience spirituelle. On peut souhaiter que la fête de Noël soit, cette année encore, l'occasion de découvrir que le fruit de l'Esprit par excellence, c'est la charité.

Heureux temps de Noël!

+ François Lapierre p.m.é.

Septembre-octobre 2011 - 200 ans du Séminaire

Le 8 septembre 1811, Messire Antoine Girouard, alors curé de la paroisse de Saint-Hyacinthe, accueillait quelques étudiants dans son nouveau presbytère pour des cours de latin.

Rapidement, ce prêtre qui était aussi un homme d'action a vu la nécessité d'un vrai séminaire. Cette première construction s'est réalisée sur l'emplacement même où nous retrouvons aujourd'hui l'évêché. C'est même dans ce premier séminaire qu'est demeuré Monseigneur Prince, le premier évêque de notre diocèse.

Le fondateur du séminaire voulait ainsi répondre à deux défis qu'il observait dans la société de son temps, l'absence d'écoles et le manque de prêtres. Il a cherché, avec créativité, à apporter une réponse à ces carences.

La devise de Messire Antoine Girouard était « Nec timide, nec temere » que l'on peut traduire « Ne pas craindre, ne pas avoir peur ». Sa vision et son courage ont été plus forts que les obstacles et les difficultés qui se sont présentés sur sa route.

En prenant comme devise « Fides et scientia » (foi et science), le séminaire voulait mettre ensemble ce que bien des gens au XIXe siècle cherchaient à dissocier. Messire Antoine Girouard a ainsi fait la preuve qu'on pouvait être homme d'Église et homme de son temps.

Au début du XXIe siècle, le témoignage de ces pionniers et de ces bâtisseurs nous inspire. Nous n'avons pas à construire un édifice imposant comme le Séminaire mais la communauté chrétienne, une maison faite de pierres vivantes.

Nous avons tendance à penser que les jeunes générations d'aujourd'hui sont moins intéressées par la foi chrétienne que l'étaient celles qu'a côtoyées Messire Antoine Girouard. On ne peut nier que nous vivons dans une société qui est bien différente mais l'expérience récente de la Journée Mondiale de la Jeunesse à Madrid m'a fait voir la ferveur de la foi de jeunes d'aujourd'hui.

On peut souhaiter que ce bicentenaire du Séminaire ne produise pas seulement des discours nostalgiques sur un passé qui n'est plus mais réveille de nouvelles énergies et nous aide à imaginer l'avenir.

Messire Antoine Girouard a ouvert son presbytère pour y enseigner à quelques étudiants les rudiments du latin. Je vois comme un signe d'espérance que plusieurs de nos presbytères soient devenus des écoles de la foi, des lieux d'initiation à l'expérience chrétienne.

Souhaitons que tout cet effort actuel nous conduise à être davantage présents dans la société où nous vivons, une société qui vit de grandes avancées au plan de la science et de la technologie mais qui vit souvent un sérieux vide au plan du sens de la vie humaine sur cette terre.

+François Lapierre p.m.é.

Août 2011 - » Que cherchez-vous? »

Ces premières paroles de Jésus dans l'évangile de saint Jean s'adressent non seulement aux deux disciples mais aussi à toute notre Église au début de cette nouvelle année pastorale.

Dans son magnifique commentaire de ce passage, le P. Xavier Léon-Dufour se demande : « Si Jésus interroge, lui qui sait tout, (une science qui ne provient pas de sa capacité de faire des miracles mais de sa communion avec le Père) est-ce pour respecter la liberté de ses interlocuteurs et leur permettre, pédagogiquement, d'extérioriser d'abord leur désir? Ou est-ce parce que l'évangéliste provoque le lecteur à se demander s'il est lui-même en recherche? Et de quoi?1 »

À cette question, les deux disciples répondent en demandant : « Où demeures-tu? ». On pourrait penser que leur préoccupation consiste à connaître l'adresse où Jésus demeure. Mais précisément, la question de Jésus « Que cherchez-vous? » a pour but d'élever l'objet de la quête de ces disciples. Comme le fait noter le Père Léon-Dufour, « il s'agira pour le disciple de participer à la relation qui unit Jésus au Père. »2

On peut penser qu'au début de cette nouvelle année pastorale, le Seigneur veut aussi élever la recherche de notre Église. Il ne s'agit pas seulement de mettre à jour notre carnet d'adresses et de revoir nos agendas.

Dans ce passage de l'évangile de Jean, Jésus nous montre la grande importance de la formation de disciples. On pourrait penser que deux disciples c'est peu, mais Jésus y voit la semence d'une plante qui deviendra grande.

Les deux disciples ne cherchent pas seulement une théorie, ils demandent « Où demeures-tu? », ils veulent « être avec », rester avec Jésus. Ils cherchent donc une expérience de relation, de communauté. Ils seraient les premiers surpris s'ils découvraient que Jésus veut les faire entrer dans sa relation avec le Père.

Dans son commentaire de ce passage, Jean Vanier fait noter que pour suivre Jésus, pour demeurer avec lui, il faut « renoncer à chercher le pouvoir, la richesse, la réputation vers lesquels nous pousse notre culture. » 3 C'est le sentier étroit et pas toujours évident.

Les deux disciples s'approchent de Jésus grâce à un humble témoin, Jean Baptiste, « venu pour rendre témoignage à la lumière » (Jean 1,7). Nous n'allons pas vers Jésus seuls, il faut des témoins qui nous y conduisent, qui nous le font découvrir.

« C'était environ la dixième heure » (Jean 1,39) Bien des années plus tard, les disciples se souvenaient de l'heure où ils avaient rencontré le Seigneur. Ainsi, on peut souhaiter qu'à travers toutes les rencontres de cette année nous puissions trouver « celui qui est venu pour que nous ayons la vie en abondance ». (Jean 10,10)

Bonne année pastorale!

+ François Lapierre p.m.é.

1. Xavier Léon-Dufour, Lecture de l'Évangile selon Jean. Tome I, Éd. Du Seuil Paris, p. 188
2. Idem p. 189
3. Jean Vanier, Entrer dans le mystère de Jésus, une lecture de l'évangile de Jean. Novalis p. 36

Juin 2011 - « Tu as du prix à mes yeux »


Récemment à Saint-Liboire, après une rencontre de secteur en lien avec notre projet catéchétique, une arrière-grand-mère est venue me voir pour me dire qu'elle cherchait de tout son cœur à initier ses arrière-petits-enfants à la foi.

Son témoignage m'a ému et m'a fait prendre conscience que, durant cette rencontre, j'avais parlé de l'importance des enfants et des parents, des grands-parents et des jeunes dans l'effort catéchétique actuel, mais j'avais oublié de mentionner les arrière-grands-parents.

Cette arrière-grand-mère m'a dit : « Ma fragilité me rend proche de mes arrière-petits-enfants ». Ses paroles m'ont fait penser à l'expérience de saint Paul qui écrit : « car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort ». (II Cor. 12,10)

La fin de l'Évangile de saint Matthieu que nous avons lu pour la fête de l'Ascension nous rappelle aussi que l'annonce de l'Évangile aux nations ne repose pas sur la capacité humaine mais sur la puissance du Christ ressuscité qui est avec nous tous les jours.

Durant l'année pastorale qui se termine, j'ai pu voir que, dans notre Église qui se fragilise, ce sont souvent des personnes apparemment sans importance qui deviennent des témoins extraordinaires du Christ évangélisateur aujourd'hui.

Les paroles du prophète Isaïe, « Tu as du prix à mes yeux » (Is 43,4) qui ont inspiré notre année pastorale prennent tout leur sens car elles annoncent le salut à un peuple exilé qui ne compte apparemment plus dans le concert des nations.

Récemment, dans l'église d'Acton Vale où des dizaines de personnes en chaises roulantes sont venues célébrer le grand sacrement de l'onction des malades, j'ai pu voir également la justesse de ces paroles d'Isaïe et leur portée. Je me souviens du regard de Gaby, une bénévole de 90 ans, quand je lui ai dit : « désormais la force de Dieu agit dans votre faiblesse ».

À la fin de cette année pastorale, on ne peut oublier la canonisation du saint Frère André. Cet événement, qui a touché beaucoup de monde, a montré comment les humbles, les pauvres, ont du prix aux yeux de Dieu. Il nous a rappelé aussi l'importance de la guérison au cœur de la foi.

Dans la perspective de la foi, il n'y a pas vraiment d'arrêt car tout peut nous aider à grandir humainement et spirituellement. Il est possible de trouver Dieu en tout, dans des rencontres nouvelles comme dans des activités de plein air.

Bonnes vacances!

+ François Lapierre p.m.é.

Mai 2011 - Dialogue interreligieux


À l'heure de la globalisation et de la mondialisation, allons-nous vers un « choc des civilisations »1 ou vers un dialogue entre les religions comme nous y a invités le Concile Vatican II dans la déclaration « Nostra aetate »2? Voilà une question à laquelle il n'est pas facile de répondre.

Les nouvelles de ces jours-ci rapportent des affrontements violents entre chrétiens et musulmans, en Égypte. Les guerres en Irak et en Afghanistan nous font nous demander si nous assistons à un retour du temps des croisades. On sait, en effet, que durant des siècles, chrétiens et musulmans se sont entretués.

Nous connaissons également la dureté des relations entre juifs et chrétiens. Le souvenir de l'holocauste est encore très présent. Mon récent voyage en Terre sainte m'a permis de voir de près les murs qui existent entre les Juifs et les Palestiniens, les difficultés que vivent les chrétiens.

Bref, on peut penser que la vision d'un dialogue interreligieux semble une utopie dans les circonstances actuelles et qu'à l'heure de la mondialisation, les identités culturelles et religieuses tendent à s'affirmer avec plus de brutalité.

Pourtant des visionnaires comme le Bienheureux Jean-Paul II, béatifié récemment par le pape Benoît XVI, ont vu l'urgence du dialogue interreligieux pour la paix du monde. Nous nous rappelons que le pape Jean-Paul II a réuni à Assise des lea-ders religieux du monde pour une prière commune. Ce nouveau bienheureux était convaincu que « toute prière authentique est inspirée par l'Esprit saint ».

Le dialogue interreligieux nous invite à nous interroger sur le sens du pluralisme religieux et du pluralisme culturel. Que nous dit Dieu à travers les autres religions, les autres cultures?

Dans la nouvelle conscience que nous sommes appelés à développer, nous découvrons que le dialogue auquel nous sommes invités n'est pas une stratégie pour conquérir l'autre mais une attitude de respect et d'ouverture face à l'autre que nous sommes appelés à aimer.

Que signifie dans ce contexte notre identité chrétienne? N'existe-t-il pas le danger d'en arriver à la vision que toutes les religions se valent? Je crois que cette nouvelle conscience religieuse nous invite à découvrir que l'identité ne consiste pas à s'opposer à l'autre, mais à être prêt à partager avec l'autre tout ce que nous sommes.

Le dialogue interreligieux est un chemin de paix, il ne conduit pas au relativisme mais à un désir de grandir dans notre foi. C'est ce que j'ai ressenti quand j'ai rencontré récemment l’ imam de la nouvelle mosquée située, ici, à quelques pas de la cathédrale.

+ François Lapierre p.m.é.

1. Samuel P. Huntington, Éditions Odile Jacob 1997
2. Concile Vatican II, Déclaration Nostra Aetate, no.2

Avril 2011 - Résurrection


Dans l'histoire de l'humanité, il y a eu et il y a toujours les ga-gnants et les perdants, les peuples qui dominent et ceux qu'on écrase, les cultures qui triomphent et celles qui sont en voie de disparition, les vedettes et les personnes que l'on ignore ou que l'on maltraite.

Il y a vingt siècles, dans un coin du monde présentement en ébullition, à Jérusalem, une ville qui a été détruite dix huit fois au cours de son histoire, on a condamné à mort un innocent, on l'a torturé, on l'a mis en croix.

Devant cette injustice sans nom que s'est-il passé? Il me semble qu'il n'y a pas de meilleure réponse à cette question que les paroles de Pierre dans les Actes des Apôtres. Il y est dit : « Cet homme qui avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l'avez pris et fait mourir…mais Dieu l'a ressuscité, le délivrant des affres de la mort » (Ac. 2,23-24)

La résurrection de Jésus est la réponse de Dieu à l'injustice des humains. On voit qu'on ne peut pas dissocier la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ et la Bonne Nouvelle de Dieu, l'injustice humaine et la puissance de Dieu.

Ce n'est pas un hasard si ce sont d'abord les esclaves, les gens sans importance qui sont devenus chrétiens comme le dit Paul dans sa lettre aux Corinthiens. (I Cor.,1,26-31) Ce n'est pas un hasard non plus si cette même lettre se termine par un cri de résurrection : « Où est-elle ô mort ta victoire? » (I Cor. 15,55)

Cette puissance de la résurrection du Christ, elle est très actuelle. On peut chercher à l'arrêter, à l'ignorer, elle éclate aujourd'hui comme elle a surgi au matin de Pâques. Les signes de la résurrection sont nombreux si nous savons les voir.

La puissance de la résurrection nous parle à travers une personne qu'on a dépréciée, qu'on a mise de côté et qui se lève et sait se tenir debout. Elle nous rejoint aussi à travers une communauté où des gens ont secoué le joug de la passivité et ont décidé de se rassembler, de se prendre en main. Elle nous interpelle à travers ces jeunes qui ont laissé de côté une vie superficielle et ont décidé de devenir solidaires des plus pauvres. Et on pourrait allonger la liste.

Oui, cette puissance de la résurrection du Christ est plus forte que tous les credos laïcistes, que toutes les fables antireligieuses, que toutes les suffisances de ce siècle.

Je vous souhaite une fête de Pâques qui n’ait pas seulement le goût du chocolat, mais également la saveur de la foi.

+ François Lapierre p.m.é.

Mars 2011 - Les jeunes et la foi


Dernièrement, en allant à la pharmacie, j'ai acheté un livre « Les nouveaux ados ». Ce petit livre m'a intéressé car de plus en plus d'ados font une démarche pour être baptisés ou confirmés et j'ai souhaité mieux saisir leur façon d'être.

Une affirmation de ce livre m'a fait réfléchir 1 : « Ce qui différencie fondamentalement les adolescents des années 1980 et ceux de ce début de siècle, c'est que ces derniers sont trop confrontés aux doutes des adultes. On est passé d'un excès de certitudes à trop de doutes… il y a une tyrannie du choix qui anéantit le désir de l'adolescence. C'est bien d'être un peu frustré. Je le répète, il faut leur redonner le goût d'avoir envie », écrit le professeur de psychiatrie de l'adolescent, Philippe Jeammet.

La question du tutoiement ou du vouvoiement entre jeunes et adultes n'est pas seulement une affaire de règle ou de code, elle en dit long sur les relations qui se vivent. L'absence de distance est source d'angoisse chez les ados et peut conduire à des conduites provocatrices.

Cette situation interpelle notre façon de vivre la formation chrétienne. Il est évident que si les grands ados rencontrent des adultes plus ou moins sûrs d'eux-mêmes au niveau de la foi, on risque fort de retrouver des jeunes qui développent une allergie face à la religion. « Ce qui compte aux yeux des adolescents, c'est la conviction plus que les arguments répétés. »2

Il ne s'agit évidemment pas de revenir à des attitudes autoritaires mais de voir que, comme l'écrivait le pape Paul VI dans sa lettre sur l'évangélisation, « l'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres et s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins ».3

C'est ainsi qu'on « redonne le goût d'avoir envie » d'être chrétien ou chrétienne aujourd'hui. Fort heureusement, nous avons dans notre diocèse des adultes qui savent faire con-fiance aux ados et marcher avec eux.

Et quand des jeunes découvrent la foi, ils peuvent devenir des apôtres, capables à leur tour d'annoncer l'évangile. Vous en connaissez sûrement; pour ma part, je pense à Valérie, à Juan Pablo, Francis, Émilie, Jean Paul, Lorena, Luis Angel et plusieurs autres.

Dernièrement, en allant faire le plein d'essence, j'ai rencontré Simon qui travaille comme pompiste. Quand il m'a vu, il m'a demandé si je me souvenais de lui et m'a dit avec fierté, « vous rappelez-vous que je suis le catéchumène? ». Simon a 18 ans, il fait partie d'un nouveau groupe de jeunes, sa marche vers le baptême interpelle ses amis.

Je souhaite que ce Carême qui commence soit un temps pour revisiter notre baptême et que Pâques, cette année, soit une occasion pour renouveler la profession solennelle de notre foi.

+ François Lapierre, p.m.é.


1 Philippe Jeammet et al, Les nouveaux ados, Marabout 2010, p. 77
2 idem
3 Paul VI, Exhortation apostolique sur l'Évangélisation no.41 Décembre 1975

Février 2011 - La Visitation


Dernièrement, nous avons célébré la fête de saint François de Sales, un saint né en 1567 et qui est mort en 1622. En 1598, il est nommé coadjuteur de l'évêque de Genève auquel il succèdera bientôt. Il ne pourra jamais se rendre dans cette ville devenue une forteresse calviniste.

Alors qu'autour de lui beaucoup pensent qu'il faut reconquérir Genève par les armes, saint François de Sales croit que c'est par la charité qu'il faut ébranler les murs de cette ville. Son dévouement pastoral est sans limites.

Toute sa spiritualité est marquée par le mystère de la Visitation. D'ailleurs, en 1604, il rencontre Jeanne de Chantal et fonde avec elle une communauté religieuse, « La Visitation Sainte Marie », mieux connue sous le nom de « Visitandines ».

Il donne beaucoup d'importance aux relations humaines. Pour cela, il multiplie les visites pastorales. L'exemple de Marie qui part en hâte pour se rendre chez sa cousine Élisabeth l'inspire.

En 1611, il écrit à sainte Jeanne de Chantal : « Je suis totalement pris par la pensée de cette Visitation dans laquelle notre Sauveur, comme un vin nouveau, fait gargouiller de toutes parts cette affection amoureuse dans le sein de sa sainte Mère. »

Cette expérience de saint François de Sales nous invite à revoir nos relations : sont-elles bonnes, intenses, profondes, froides, difficiles…?

Il est important que nos relations aient une authentique qua-lité « spirituelle » : qu'est-ce que je cherche normalement dans mes relations? D'être bien accepté, d'apparaître crédible, de communiquer quelque chose d'important…?1

Comment est-ce que je perçois mes émotions, mes sentiments dans les relations pastorales? Comme une menace, comme un potentiel?

On pourrait ajouter bien des questions qui naissent de la Visitation, un mystère qui nous invite à chercher la volonté de Dieu dans nos relations de tous les jours, à découvrir la présence du Christ qui nous conduit sur le chemin d'un amour toujours plus authentique.

On le voit, le mystère de la Visitation nous fait découvrir que le renouveau de la foi, aujourd'hui, est lié à la charité présente dans toutes les relations qui, comme ce fut le cas pour Marie, sont le fruit de l'écoute de la Parole de Dieu.

+ François Lapierre p.m.é.

1. Carlo Maria Martini, « Sui sentieri della visitazione la ricerca della volonta di Dio nelle relazioni di ogni giorno », Editrice Àncora, Milano, 1996

Janvier 2011 - L'hiver


Vous aimez l'hiver? Un peu? Beaucoup? Pas du tout? Je dois dire que j'aime cette saison qui marque non seulement notre climat mais notre culture. Les longs mois d'hiver nous marquent à notre insu.

Pendant que les arbres puisent dans leurs racines leur force de vie, nous sommes invités nous aussi, me semble-t-il, à retrouver les sources qui nous font vivre au-delà des surfaces glacées et enneigées.

Plusieurs animaux vivent un temps d'hibernation, ils fonctionnent au ralenti. Notre civilisation pressée voudrait que nous gardions le même rythme toute l'année et que les routes glissantes ne ralentissent pas notre allure.

Il me semble cependant que l'hiver est une invitation à ralentir, à retrouver le coin du feu, le lieu secret qui réchauffe nos vies. Cette saison pousse au retrait, à la prière, à la méditation, à tout ce qui peut rendre le cœur ardent.

C'est un temps pour lire et méditer la Parole de Dieu. Pour ceux et celles d'entre vous qui trouvez les soirées longues en ce temps de l'année, je vous recommande la lecture de la récente exhortation apostolique du pape Benoît XVI Verbum Domini, « La Parole du Seigneur ».

Si vous ne vous sentez pas d'attaque pour lire tout le document, je vous recommande les numéros 86 et 87 sur la lectio divina, la lecture priante de la Parole. Vous verrez, c'est très accessible et vous y trouverez des pistes aussi inspirantes que celles où glissent les skis de fond.

Je vous donne un petit exemple qui, je l'espère, saura vous convaincre. Au numéro 87, le pape rappelle les étapes fondamentales de cette lecture priante : « Elle s'ouvre, écrit-il, par la lecture (lectio) du texte qui provoque une question portant sur la connaissance authentique de son contenu : que dit en soi le texte biblique?».

« Sans cette étape, nous dit notre bon pape, le texte risquerait de devenir seulement un prétexte pour ne jamais sortir de nos pensées. » Cette remarque m'est apparue très pertinente. Il semble que plus un texte est connu, moins il est lu.

Il y a des passages de l'évangile que nous avons l'impression de bien connaître, mais une lecture attentive peut nous faire découvrir un paysage que nous n'avons jamais vu. Je pense aux gens du sud qui nous visitent l'hiver, la neige les fascine, ils la regardent avec des yeux neufs.

Le feu de la Parole peut ainsi transformer nos journées d'hi-ver, y faire surgir la lumière de l'espérance. Quand l'hiver s'étire, il existe toujours l'espérance que le printemps approche. La Parole, en touchant notre âme, peut y faire l'effet de ces perce-neige qui annoncent la vie nouvelle.

+François Lapierre p.m.é.

1 Mt 19, 23
2 Saint Augustin, Les Confessions Livre 2e chap. III
3 idem
4 Saint Bernard, lettre 107, 8

Décembre 2010 - Il est difficile à un riche d'entrer dans le royaume des cieux


Il n'est pas rare d'entendre dire, cette personne a de bonnes valeurs, ces parents inculquent les vraies valeurs à leurs enfants. Mais quelles sont-elles ces valeurs et quelle valeur est la plus importante?

Dans ses confessions, saint Augustin écrit que son père voulait l'envoyer étudier dans les meilleures écoles mais, dit-il : « Mon père qui n'était qu'un très modeste citoyen de Thagaste consultait plus son ambition que ses moyens ».2 Un peu plus loin, Augustin raconte qu'il avait alors 16 ans et « que les ronces des passions s'élevèrent jusqu'au-dessus de ma tête et point de main pour les arracher ».3

Cette expérience d'Augustin nous fait voir que lorsque nous parlons des valeurs, nous devons être clairvoyants. Envoyer son enfant étudier dans une bonne école peut apparaître comme une valeur positive, mais si le motif est l'ambition et qu'au même moment on ne se préoccupe pas vraiment de ce que vit l'enfant ou le jeune, alors, il y a un problème.

La fête de Noël qui approche nous fait vivre la valeur la plus importante de la vie humaine, l'amour. C'est, je crois, pour cette raison que nous cherchons pendant des semaines le cadeau qui fera plaisir, la recette qui rendra les convives heureux. Nous désirons que les gens que nous aimons se sentent vraiment aimés.

Nous rejoignons ainsi le mystère de Noël qui est la manifestation de l'amour de Dieu. Saint Jean écrit dans son évangile : « car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. » (Jean 3, 16) Et nous savons que « parce que nous sommes aimés, nous aimons et parce que nous aimons, nous devenons dignes de plus d'amour ». 4

Il est certainement important que des enfants aiment leurs parents mais il est encore plus important que des parents aiment leurs enfants non pour leurs performances mais pour ce qu'ils sont. Il est sûrement vital d'aimer Dieu mais il est encore plus crucial de se sentir aimé de Dieu, de sentir sa présence bienveillante.

Certains jours, nous avons une conscience plus vive que la grâce de Dieu touche notre vie. Dans les moments de détresse, de dégoût, de désenchantement, cette grâce vient nous dire que nous sommes aimés, que cet amour ne dépend pas de nos réussites ou de nos échecs.

C'est la grâce de Noël qui nous révèle la plus grande valeur qui soit, la valeur de l'Amour qui est venu demeurer parmi nous. Je vous souhaite un très Joyeux Noël 2010.

+François Lapierre p.m.é.

1 Mt 19, 23
2 Saint Augustin, Les Confessions Livre 2e chap. III
3 idem
4 Saint Bernard, lettre 107, 8



Novembre 2010 - Saint Frère André


Nous venons de vivre l'événement extraordinaire de la canonisation du saint Frère André. Dans les lignes qui sui-vent, j'aimerais partager quel-ques pensées qui me restent après ces jours de grâce vécus en Église.

Dans l'homélie de la canonisation, le pape Benoît XVI a rappelé que le Frère André n'était pas allé longtemps à l'école mais qu'il a su découvrir ce qui est important dans la vie. Ces paroles m'ont fait penser que notre nouveau saint n'avait peut-être pas la science qu'apporte l'école mais il avait la sagesse qui vient de Dieu.

Il ne s'agit pas de déprécier la science, mais l'apôtre Paul a écrit : « Quand je connaîtrais… toute la science, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien » (I Co 13,2) Être rien veut dire être inexistant comme le dit une note de la bible de Jérusalem.

Dans cette première lettre aux Corinthiens, Paul parle de la sagesse du monde et de la sagesse de la croix. Pour l'apôtre, il existe un discours qui n'est que parole creuse, simple effet oratoire qui n'édifie pas, qui n'est pas suscité par l'Esprit mais plutôt par un désir d'impressionner.

Le saint Frère André n'était pas un homme de grands discours. On retient de lui quelques phrases très courtes et très simples. Pourtant, il a parlé à tout un peuple et maintenant son témoignage est proposé à toute l'Église.

La canonisation du Frère André nous a rappelé qu'on ne saurait être saint seul, on ne peut l'être qu'en Église. J'aime beaucoup une note de la TOB que l'on trouve en lien avec Romains 1,7 : « Aux saints par l'appel de Dieu ». Je me permets de citer ce texte où il est dit : « Chez les auteurs du Nouveau Testament, l'être humain est dit saint non d'abord en raison de sa perfection morale ou religieuse, mais en vertu d'une vocation par laquelle Dieu l'appelle comme membre de son peuple consacré et lui confie une mission ».

La sainteté n'est donc pas d'abord une performance individuelle mais une réponse à un appel et à une mission adressée à une personne mais comme membre d'un peuple saint. Saint Paul commence sa lettre aux Corinthiens en s'adressant « À ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ, appelés à être saints… » (I Co 1,2) La Constitution Lumen Gentium du Concile Vatican II (chapitre V) rappelle fortement cet appel inscrit au cœur de la vie de l'Église.

La canonisation du saint Frère André m'a rendu plus conscient que les saints sont des amis de Dieu, des personnes qui parlent avec Dieu comme « un homme parle à son ami ». (Exode 33, 11) On sait que le Frère André donnait beaucoup de temps à la prière. Quand il est entré chez les frères de Sainte Croix, ses supérieurs l'ont finalement accepté en se disant : « Il ne sait pas faire grand'chose mais au moins il sait prier ».

Je suis porté à penser que cette amitié avec Dieu explique le charisme rassembleur du saint Frère André, l'amitié attire, la sainteté fascine.

+ François Lapierre p.m.é.

Octobre 2010 - La mission aujourd'hui


Dernièrement, huit évêques africains du Congo, du Congo-Brazzaville et du Burkina Faso ont visité notre diocèse. J'ai pu converser avec eux et entendre à travers eux le cri des pauvres de leurs pays. Ces évêques sont venus ici parce qu'ils sont à la recherche de voies alternatives pour le développement de leurs peuples. Ils ont la claire vision que l'organisation financière de notre planète ne fait qu'approfondir la pauvreté où vivent de larges secteurs de leurs populations.

En les écoutant parler, je pensais à la lettre « Centesimus anus » du pape Jean Paul II dans laquelle il affirme : « La nouvelle évangélisation dont le monde moderne a un urgent besoin et sur laquelle j'ai insisté de nombreuses fois doit compter parmi ses éléments essentiels l'annonce de la doctrine sociale de l'Église, apte, aujourd'hui comme sous Léon XIII, à indiquer le bon chemin pour répondre aux grands défis de notre temps… En se proposant de faire la lumière sur le conflit survenu entre le capital et le travail, Léon XIII affirmait les droits fondamentaux des travailleurs. C'est pourquoi la clé de lecture du texte pontifical est la dignité du travailleur… » (Centesimus anus nos 5 et 6).

Je me suis permis de citer longuement le texte de cette lettre du pape Jean Paul II pour plusieurs raisons. D'abord, il faut bien le reconnaître, la doctrine sociale est l'un des trésors les mieux gardés de l'Église. Quand en parle-t-on? Fait-elle partie de la catéchèse? De la liturgie? Je confesse que je crains souvent d'aborder cette question. Et pourtant il s'agit là d'une dimension essentielle de l'annonce de l'évangile aujourd'hui.

Cet enseignement social de l'Église affirme la priorité du travail sur le capital. Il s'agit là d'une affirmation centrale qui remet en question les fondements mêmes du système économique dans lequel nous vivons. L'Église n'est pas experte en économie mais c'est son devoir d'affirmer des principes éthiques qui viennent de sa tradition.

L'enseignement social de l'Église trouve son inspiration chez les prophètes. On peut penser au prophète Élie qui fulmine contre le roi Achab qui a fait tuer Nabot pour s'emparer de sa vigne. (1er livre des Rois, chap. 21) Saint Ambroise a écrit un puissant commentaire sur ce passage biblique si percutant.

Le chapitre 16e de saint Luc que nous avons lu récemment dans nos liturgies dominicales se termine par la parabole saisissante du mauvais riche et du pauvre Lazare. Jésus cherche à réveiller la conscience de ses contemporains, à faire découvrir les enjeux importants de la vie humaine.

Comme on peut le constater, la mission est vaste et elle touche les questions les plus actuelles de notre vie en société. Ces évêques africains qui nous ont visité, vivaient peut-être à leur insu la nouvelle évangélisation, ils venaient nous interpeller sur des questions qui sont au cœur de l'évangile.

+ François Lapierre p.m.é.

Septembre 2010 - « Tu as du prix à mes yeux »


Ce passage du prophète Isaïe qui inspire notre année pasto-rale, peut apparaître très beau mais peu pratique pour l'agir de tous les jours. Il me semble pourtant qu'il touche une réa-lité fondamentale de notre vie en Église.

C'est ma conviction que subsiste encore chez beaucoup de gens une vision de la foi comme expérience morale. Un exemple : pour bien des gens, la foi est d'abord une façon de vivre qui conduit à la générosité, à l'engagement, à faire du bénévolat, etc… Il y a souvent plus d'attention pour les fruits que pour l'arbre.1

Mais quand nous entendons « Tu as du prix à mes yeux », nous découvrons que la foi consiste d'abord dans une relation d'amour avec Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit. Cette relation personnelle se révèle féconde dans ma façon d'aborder les personnes, les choses, les situations. On reconnaît l'arbre à ses fruits.2

Il ne s'agit évidemment pas d'opposer la foi et la morale, la foi et les œuvres, mais de prendre conscience que notre approche de la foi est encore souvent marquée par les catégories du permis et du défendu. Dans ce contexte, le péché apparaît davantage comme un manquement délibéré à mes devoirs que comme résistance à l'amour divin dont je suis aimé.

Nous connaissons les conséquences désastreuses de cette façon de voir. La religion en vient à se confondre avec la morale ou comme on dit plus élégamment aujourd'hui avec l'éthique. Toute l'expérience de l'amour de Dieu pour qui nous avons du prix en vient à passer au second rang ou même à disparaître.

Le soir du lancement de notre année pastorale, plusieurs personnes m'ont confié que le chant « Laisse-toi regarder par le Christ » les avait profondément touchées. L'un des participants a fait référence à l'expérience du jeune homme riche. Dans l'évangile de saint Marc, il est dit que : « Jésus fixa sur lui son regard et l'aima ». (Mc 10,21) Malheureusement, ce jeune homme vivait un attachement à l'argent plus fort que cet amour du Seigneur.

Nous aussi, nous pouvons vivre des attachements qui deviennent des résistances à « l'amour du Christ qui nous étreint » (II Cor. 5,14). Cette année qui commence est une magnifique occasion pour découvrir ces attachements qui nous empêchent de nous ouvrir à l'amour de Dieu pour qui nous avons du prix.

Je souhaite que dans tout ce que nous vivrons cette année, ces paroles « Tu as du prix à mes yeux » soient comme la boussole qui nous guide. Ces paroles ont inspiré un peuple qui vivait la dure situation de l'exil, elles peuvent éclairer la route de notre Église, nous rendre libres et nous appeler à de nouveaux détachements pour nous mettre à la suite du Christ.

+ François Lapierre p.m.é.

1. P. Van Breeman « Tu as du prix à mes yeux », Bellarmin, 1986, p156
2. idem

Août 2010 - Tu as du prix à mes yeux (Is 43, 4)


Au début de cette nouvelle année pastorale, il est bon d'entendre cette Parole de Dieu qui vient augmenter l'estime de soi de notre Église.

Comme au temps du prophète Isaïe, le Seigneur veut assurer notre Église qu'elle compte à ses yeux, qu'il connaît le nom de tous ceux et celles qui la composent, que chaque personne vaut cher pour Lui.

Nous avons tendance à mettre des prix sur les objets, Dieu met le prix sur la personne, sur son Peuple qui est déprécié et proche du découragement.

Il peut nous arriver à nous aussi de nous sentir dépréciés, sans valeur, mais cette Parole de Dieu nous invite à ne pas être esclave du regard des autres mais accueillant à celui de Dieu.

Durant l'année qui commence, nous sommes invités à être témoins du Seigneur qui connaît notre nom et pour qui nous avons du prix.

Nous rencontrerons de nouvelles personnes, des enfants, des jeunes, des parents, des grands-parents, des personnes seules. Nous rencontrerons des personnes qui aiment l'Église, d'autres qui s'en méfient.

Nous sommes invités à aller vers les personnes qui n'ont pas trop de prix à nos yeux ou pour qui nous n'avons pas trop de prix. Je pense à Jésus qui va vers la Samaritaine (Jean 4). On sait que les Samaritains et encore plus les Samaritaines n'avaient aucune valeur aux yeux des Juifs, ce qui était source de ressentiment et un sérieux obstacle pour la foi.

Bien des gens se tiennent loin de la foi parce qu'ils ont l'impression de ne pas compter. D'où l'importance de découvrir qu'avant d'être une occasion d'acquérir de nouvelles connaissances, l'initiation chrétienne est d'abord expérience d'une nouvelle relation.

La célébration des sacrements, et je pense en particulier au baptême, est d'abord une occasion de vivre une relation qui valorise. La Samaritaine qui se sentait une femme rejetée devient soudainement une apôtre.

J'ose espérer que ces quelques réflexions vous donneront le goût de partager vos expériences et vos réflexions sur ce thème de notre année. Je souhaite que l'Envoi puisse nous apporter régulièrement votre méditation sur ce thème qui est une lumière sur la route de l'année qui commence.

+ François Lapierre p.m.é.