Entretien avec Mgr Christian Rodembourg, m.s.a., évêque élu de Saint-Hyacinthe

Lundi, 7 août 2017

 

Source : Catherine D. Marcoux

 

Quand et comment avez-vous reçu l’appel de votre nomination?

C’est le jour de la fête de Saint-Jean-Baptiste, samedi 24 juin, en après-midi que j’ai reçu un appel du nonce apostolique, Mgr Bonazzi, m’informant de mon élection comme évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe.

 

Quelle est votre réaction au moment de cette annonce?

J’étais très ému et profondément touché de la confiance du pape François à mon égard. J’accueille cette nomination bien humblement. Il y a tant de défis dans notre monde actuel à relever ensemble. Qui suis-je pauvre pécheur? Je demande à tous de prier pour moi afin que je sois un bon pasteur pour l’Église diocésaine de Saint-Hyacinthe.

 

L’annonce de votre élection comme évêque a été rendue publique le 29 juin,
est-ce une date particulière pour vous?

En effet, pour ma communauté des Missionnaires des Saints-Apôtres, c’est notre fête patronale. C’est la fête des saint Pierre et saint Paul. Les deux ont vu leur vie bouleversée par le Christ! De plus, deux de mes jeunes confrères recevaient l’ordination presbytérale à Lima, au Pérou, ce jour-là! Quelle joie communautaire!

 

Connaissez-vous le diocèse de Saint-Hyacinthe?

J’ai la chance de connaître quelques lieux tels que : le monastère des moines cisterciens de Rougemont, le Foyer de Charité de Sutton, la maison de prière du Mont-Saint-Hilaire, la maison des Oblats à Richelieu, le couvent des pères et des sœurs Trinitaires à Granby, le séminaire de Saint-Hyacinthe… Là, j’ai eu, grâce à l’abbé Jules Leblanc, la joie d’animer des fins de semaine pour couples dans le cadre de « Week-end amoureux », sur la communication et le dialogue. J’ai quelques connaissances amicales également qui vivent dans le diocèse.

 

Qu’est-ce qui vous tient particulièrement à cœur dans votre ministère?

Dans un premier temps, je dirais que ce que j’apprécie particulièrement, c’est de saluer – autant que faire se peut- les gens à la fin des célébrations; visiter les bénévoles impliqués dans les œuvres sociales, les bazars paroissiaux, etc.; rencontrer les couples et les familles, les encourager; écouter les intentions de prière que les gens viennent me confier, les déposer ensemble dans le cœur de Dieu lors des célébrations religieuses; prendre un repas amical, etc.

Ces quatre dernières années, dans cet esprit de présence aux couples et familles, j’étais conseiller spirituel pour l’équipe d’animation de la région Canada du mouvement international des Équipes Notre Dame. Je suis également membre d’une équipe locale END dans la région montréalaise.

D’autre part, ces dix dernières années, en tant qu’assistant général des Missionnaires des Saints-Apôtres, j’ai aussi eu la joie d’aller à la rencontre de plusieurs cultures : asiatique, africaine et latino-américaine dans le service de l’accompagnement des jeunes confrères missionnaires.

La rencontre de l’autre, différent de soi, est un enrichissement considérable qui m’a beaucoup fait grandir humainement et spirituellement.

 

Brièvement, depuis votre ordination en 1995, qu’avez-vous vécu comme service pastoral en Église?

Cela fait 22 ans que j’ai la joie de travailler dans le diocèse de Saint-Jean-Longueuil. J’ai d’abord exercé mon ministère presbytéral dans la paroisse Saint-Constant durant 7 ans. Ensuite, durant 11 ans, j’ai été curé de l’Unité pastorale qui regroupe les paroisses de Saint-Amable, Saint-François d’Assise et Sainte-Julie. Depuis quatre ans, j’étais en service à Longueuil, à la cocathédrale Saint-Antoine de Padoue et depuis deux ans, curé de l’Unité pastorale du Vieux-Longueuil, une zone pastorale de près de 140 000 de population, marquée par la multiculturalité de ses habitants venus des quatre coins du monde.

 

Tout un défi!…

Oui, en effet. Annoncer la joie de l’Évangile au monde; aller à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité, là où ils sont dans le concret de la vie quotidienne –cette fameuse  périphérie dont parle tant le pape François; vivre la mission pastorale en équipe, hommes, femmes, laïcs engagés et prêtres, tous ensemble… sont quelques points focus qui illustrent aussi mon expérience comme prêtre sur le terrain.

Cela me paraît incontournable aujourd’hui d’être « disciples missionnaires », ensemble, chrétiens laïcs, diacres, agentes et agents de pastorale, bénévoles, prêtres, religieuses, religieux, évêque…

Chacun, fort de ses talents et riche de ses fragilités, est appelé à contribuer à la mission de l’Église. En communion et différent, chacun prend conscience qu’il a besoin de son frère et de sa sœur pour aller de l’avant dans sa vie. Nous sommes coresponsables de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus à nos frères et sœurs en humanité.

 

Avez-vous une « définition personnelle » de ce que c’est qu’être évêque?

Au-delà de toute définition, je dirais simplement que je désire être un frère évêque missionnaire, témoin de Jésus et de la tendresse de Dieu, au milieu des hommes et des femmes de notre temps.

Les défis sont nombreux. Ils existaient bien avant que je n’arrive dans le diocèse de Saint-Hyacinthe. Chacun de mes prédécesseurs a donné le meilleur de lui-même face à ces défis inscrits dans l’histoire et le temps, j’en suis convaincu. À mon tour, je désire prendre le temps de découvrir les diverses facettes de la vie et des enjeux de notre communauté chrétienne et de la société environnante.

Le pape François met en relief dans son exhortation apostolique La joie de l’Évangile à quel point chaque évêque « doit toujours favoriser la communion missionnaire dans son église diocésaine en poursuivant l’idéal des premières communautés chrétiennes, dans lesquelles les croyants avaient un seul cœur et une seule âme » (EG 31). Voilà une « racine » essentielle que je nous invite à vivre au fil des ans, tous ensemble!

 

Vous êtes né en Belgique. Parlez-nous un peu de vos racines.

Né à Bruxelles, j’y ai vécu toute ma jeunesse. Je suis le cadet d’une famille de six enfants. Mes trois sœurs sont décédées en bas âge. Mes deux frères ont fondé leur famille et sont maintenant grands-parents. Maman a 93 ans. Papa nous a quittés dans sa  94e année, il y a deux ans.

Impliqué dans divers mouvements de jeunes chrétiens, j’ai participé à quelques rencontres européennes de Taizé. J’ai toujours été proche de la spiritualité monastique. Saint François d’Assise tient une place privilégiée dans mon cœur de pasteur avec sainte Claire d’Assise et saint Antoine de Padoue, grand prédicateur de l’Évangile.

Mon travail professionnel dans le monde de l’Édition à Paris, plusieurs années, fut une autre belle expérience dans ma vie de jeune adulte.

 

Un dernier mot, Monseigneur Christian?

Au moment de mon ordination presbytérale, un confrère m.s.a. m’a dit que le socle et la réussite de mon ministère presbytéral seraient mon lien avec les couples et les familles. Je puis confirmer que depuis 22 ans, je me réjouis de déployer ce lien dans chacun des milieux où je suis passé comme pasteur.

Je suis également très touché par l’accueil chaleureux reçu au lendemain de mon élection par Mgr François Lapierre et tous ses collaborateurs à l’évêché. Merci à chacune et chacun!

 

*  Entretien de Catherine D. Marcoux avec Mgr Christian Rodembourg, m.s.a., évêque-élu de Saint-Hyacinthe

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. 30 juin 2017

    Best Editing Service

    The amount of written content has been growing exponentially recently, and it’s no wonder. For students, writing is an inseparable part of college and university assignments; for businesses, online publishing is a way to reach customers. The need for…